Pour entendre la véritable histoire des Ashlu, regardez le puissant documentaire de Bryan Smith, 49 MW.
Les menaces qui pèsent sur l'Ashlu se sont concrétisées avec le lancement des travaux d'un gigantesque projet hydroélectrique de 49 MW sur l'une des plus belles rivières de Colombie-Britannique. American Whitewater a déjà émis des alertes concernant ce joyau des eaux vives, une ressource irremplaçable pour les pagayeurs d'Amérique du Nord et du monde entier. Ce ruisseau est un affluent de la rivière Squamish et se situe le long de la route Sea to Sky, entre Vancouver et Whistler. Sa particularité réside dans la variété des possibilités qu'il offre, permettant à tous les niveaux de pratique, des débutants aux experts internationaux. À l'attention des pagayeurs qui déplorent le faible niveau d'eau limitant les possibilités de rafting dans la région en fin d'été, il est bon de savoir que l'Ashlu atteint généralement un niveau idéal au mois d'août. De plus, le ruisseau a servi de décor à de nombreux films et photographies de pagayage parus dans des magazines spécialisés.
Une étude sur les ressources en eaux vives du district forestier de Squamish, publiée en 2002, a confirmé qu'Ashlu Creek figure parmi les ressources en eaux vives les plus prisées de la région. Dans le cadre de cette étude, un sondage auprès de pagayeurs internationaux a confirmé que les parcours du corridor Sea to Sky sont de calibre mondial, avec des atouts majeurs tels que : le nombre et la diversité des parcours disponibles et accessibles ; leur difficulté technique ; et le débit de ces cours d'eau, dû à l'absence de barrages et à la période relativement tardive (juillet-août) des crues, liée à la fonte des neiges et des glaciers. L'étude a également démontré que le caractère et la beauté des cours d'eau locaux, ainsi que les commodités et les infrastructures, notamment celles de la station de Whistler, constituent d'autres attraits pour les pagayeurs internationaux dans cette région.
Parfois qualifiées de « petites centrales hydroélectriques », ces centrales de 49 MW représentent pourtant un développement industriel considérable sur cette rivière. Ce type de projet constitue une menace constante pour les cours d'eau de la région. En 2004, le conseil du district régional de Squamish-Lilloett (SLRD) a rejeté la demande de modification du zonage nécessaire à la construction du projet hydroélectrique d'Ashlu. Début 2006, le promoteur a contourné les intérêts locaux en s'adressant directement au gouvernement provincial de la Colombie-Britannique afin d'obtenir une loi spéciale exemptant le projet des exigences de zonage locales. Le promoteur a poursuivi le projet en affirmant que les possibilités de kayak seraient « améliorées ». Malheureusement, cela se fait au détriment du développement industriel d'un autre cours d'eau qui a fait du sud-ouest de la Colombie-Britannique une destination de kayak de renommée mondiale. Nous continuerons de suivre l'évolution de ce projet avec nos partenaires en Colombie-Britannique.